Histoire et Compagnie

Histoire de la compagnie et de « Bienvenue sur Happy TV »

Ce texte de Virginie Spies, fondatrice de la compagnie théâtrale SemioProd raconte la création de la compagnie et l’histoire de “Bienvenue sur Happy TV”, qui sera rejouée les 25 et 26 novembre au theâtre du Bourg Neuf à Avignon.

 

Part 1

Ce que pour moi, faire du théâtre veut dire

Au théâtre ce soir

Allez savoir pourquoi, la passion du théâtre est venue assez tôt chez moi, et sans raison familiale ni culturelle, si ce n’est ce goût que mes parents pouvaient avoir pour ces émissions de télévision qui s’appelaient alors « Au théâtre ce soir ». Nous étions dans les années 70-80, et « la télé » diffusait des pièces de boulevard : Le don d’Adèle, le noir te va si bien, coup de soleil, etc. L’espace, le lieu, les voix, tout me fascinait. Et même plus : rien d’autre ne me fascinait plus que ces scènes de théâtre, qui permettait de raconter des histoires. Quand le magnétoscope est arrivé chez nous, j’ai demandé des cassettes vierges, et enregistré tout le théâtre qui passait à la télé. Au lieu d’aller voir mes copines, le mercredi ou le samedi, je repassais les pièces, en boucle. Je recopiais les textes sur des petits cahiers, et disais à mes parents que j’allais bientôt faire du théâtre.

"Le noir te va si bien", comédie de 1975 diffusée dans le cadre de "Au théâtre ce soir" avec Jean Le Poulain et Maria Pacôme

Mon père s’en est inquiété auprès de ma mère qui lui a répondu « laisse tomber, ça lui passera, et si ça ne lui passe pas, elle fera du théâtre ». J’ai choisi la seconde option.

Premiers pas

J’ai commencé au théâtre vers l’âge de 14 ans, dans une petite troupe de village qui s’appelait « Le théâtre de Verny » (du nom du village). On jouait des vaudevilles et des pièces pour enfants que nous donnions tout le mois de décembre. J’ai énormément appris, et me suis retrouvée habillée en écureuil, en chien, en princesse, bref, tout ce qui peut faire rêver les petits. Je n’étais pas particulièrement attirée par le théâtre pour enfants, mais j’avais tout à apprendre, et il fallait bien commencer par quelque chose. Ma metteur en scène, Pauldy Schmitt, était dynamique, elle avait le goût de bien faire les choses, il était bon de la regarder faire et je lui dois beaucoup.

Au conservatoire

Vers l’âge de 16 ans, je me suis dit qu’il était nécessaire d’acquérir plus de technique et d’ouvrir de nouveaux horizons, alors je suis entrée au conservatoire de Metz, où j’ai rencontré Colette Allègre, une femme merveilleuse, riche de ses expériences, et qui avait consacré sa vie à sa passion. J’ai travaillé les scènes indispensables, le classique, le moderne, l’étranger, j’ai joué du Goldoni, découvrant alors le bonheur de pouvoir jouer dans le magnifique opéra-théâtre de Metz.

Dans le même temps, j’ai monté ma première compagnie. Elle s’appelait « Soleil de minuit », réunissait une bande d’amis et nous avons joué pendant presque dix ans, du café-théâtre et des pièces. J’écrivais, je mettais en scène et je jouais aussi. L’idée m’était venue simplement : ma mère avait alors un café, j’aimais le théâtre, il n’y avait qu’à faire du café-théâtre. Toujours un peu inquiets, mais confiants, mes parents avaient accepté l’idée, et j’ai même réussi à les faire monter sur scène : de grand moments. Lorsque ma maman a vendu son café, j’ai décidé qu’il était temps que la compagnie prenne de l’ampleur, je l’ai domiciliée à Metz, et nous avons obtenu des subventions de la ville, ainsi qu’une salle pour répéter. J’avais l’impression que rien n’était impossible, et c’était finalement assez facile à prouver. Un jour, le maire de Metz a convoqué les troupes subventionnées pour leur demander ce qu’elles pourraient faire pour les fêtes de la Mirabelle, qui ont lieu chaque année à Metz à la fin du mois d’août. J’ai dit à l’adjoint que nous pourrions jouer gratuitement, à la seule condition que cela se passe sur la place d’Armes, c’est-à-dire entre l’hôtel de ville et la cathédrale. L’adjoint m’a répondu que cela n’était jamais arrivé, et que le maire n’accepterait pas. Je lui ai répondu : « demandez-lui quand même ! » et c’est ainsi que nous avons joué dans ce si bel endroit. Et, depuis chaque année, pendant les festivités de la mirabelle, se déroulent des spectacles place d’Armes. Oui, tout était possible, avec le théâtre.

Entre le conservatoire et ma compagnie, j’avais trouvé un équilibre. Le premier m’enseignait la rigueur, le second me permettait de transmettre ma passion, d’écrire, de faire. L’un de pouvait aller sans l’autre, et lorsque je me trouvais trop à l’étroit au conservatoire (ou je me faisais regarder de travers lorsque j’attrapais un fou rire), je savais qu’à côté, il y avait la compagnie qui m’offrait un véritable espace de liberté. Et le public était là, fidèle, qu’il s’agisse d’un café-théâtre sur la télévision (« Le SDM show »), ou d’une pièce de boulevard (« Quelque chose de bleu »).

Et puis… plus rien

En septembre 1995, pour poursuivre mes études et pour des raisons personnelles, j’ai quitté Metz, et en même temps le théâtre. J’ai dit que j’allais continuer, reprendre, faire les choses autrement, mais finalement non. Cinq ans à Paris, et dix à Avignon, sans monter une seule fois sur scène, sans écrire la moindre ligne d’un texte pour le théâtre.

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. Je n’ai pas cherché les opportunités (je n’ai jamais pensé qu’elles pouvaient arriver toutes seules), je n’ai pas provoqué la chance. J’avais d’autres choses à faire (c’est toujours le cas). Pourtant, ce n’était pas l’envie qui me manquait, j’y ai pensé souvent. Mais au fond de moi, j’avais certainement oublié le bonheur que cela pouvait procurer d’exercer une activité qu’on aime, et même de rassembler dans un même espace-temps plusieurs choses : l’écriture, la mise en scène, le jeu.

Nous avons tous des choses qui nous rendent plus heureux, et nous pouvons tous nous en passer, mais il se trouve que la vie est beaucoup plus belle lorsqu’on passe un peu de temps à faire ces choses, et parmi elles, pour moi, il y a le théâtre.

Alors, lorsqu’une opportunité s’est présentée à moi, il n’était pas question de la laisser passer…

Part 2

Création de la compagnie SemioProd et écriture de «Bienvenue sur Happy TV »

Un peu avant le début de l’été 2010, j’ai eu une discussion avec une amie lors d’une soirée. Nous parlions du théâtre, je lui redisais ma passion, mon envie d’en faire à nouveau mais sans savoir par où commencer, et certainement, sans avoir jusqu’à présent cherché. Cette amie avait travaillé pour le théâtre du Bourg Neuf à Avignon, avec lequel elle avait conservé des liens forts. J’avais moi-même rencontré une fois ou deux le directeur de ce théâtre, et mon amie m’a dit que si j’avais un projet, il serait peut-être possible d’envisager une collaboration.

Le cheminement s’est réalisé dans ma tête : si j’avais l’espace (la salle), il ne me restait « plus qu’à » faire le reste. Très vite, mon amie a vu le directeur, qui a accepté le principe de nous permettre de répéter une fois par semaine dans son théâtre, et d’envisager une ou plusieurs répétitions. C’était parti.

« Nous permettre » mais qui ?

Bon… il y avait déjà moi, mais cela ne suffisait pas. A ce moment, j’avais la confiance de Dominique Fatacciolli (le directeur du Bourg Neuf), qui a eu ce courage qu’ont parfois les responsables de structures culturelles qui sont aussi des artistes, de faire confiance à quelqu’un sur un pari. J’avais aussi celle de mon amie qui nous avait mis en contact. Je savais par ailleurs que j’allais pouvoir commencer les répétitions au mois de janvier 2011. Nous étions en juillet, il fallait monter une compagnie, donc rassembler des personnes, sur un projet. Il me fallait faire les deux choses en même temps.

N’ayant que peu de contacts avec des comédiens ou l’univers théâtral en général, et pas forcément envie de faire monter sur scène des professionnels (ah oui, parce qu’il était aussi évident pour moi que j’allais refaire de la mise en scène), et vivant dans la ville qui, une fois par an, change d’allure pour devenir le plus grand théâtre du monde, j’allais en profiter.

Le festival d’Avignon 2010, une inspiration.

Pour rassembler et créer ma compagnie, j’ai fait comme je faisais avant, j’ai essayé de rassembler des gens que j’apprécie, je ne sais pas m’y prendre autrement. J’avais dans mes amis quelques personnes dont je savais qu’elles avaient déjà fait du théâtre, ainsi que d’autres que j’imaginais bien sur scène, je leur en ai parlé. J’ai déjeuné, j’ai discuté, raconté, fait des plans sur la comète sur un projet qui n’était pas encore écrit, et petit à petit, j’ai rassemblé ce qui commençait à ressembler à une troupe de théâtre.

En même temps que je parlais de mon projet, je me posais la question de la pièce, ou des sketchs que nous allions jouer. Allais-je écrire ? Certainement. Mais si je reprenais une pièce ? Pourquoi pas… J’ai lu, beaucoup. J’ai révisé mes classiques, profité des librairies théâtrales qui poussent à Avignon pendant le festival pour lire des textes sur les comédiens, la mise en scène, etc. Au fur et à mesure, il était de plus en plus évident que j’allais me remettre à écrire du théâtre. Oui mais lequel ? J’ai tellement de choses à dire : sur la société, les femmes, les enfants, la politique, et bien entendu… la télévision.

Une « pièce de télé » et un premier rendez-vous

Au fur et à mesure de mes réflexions, de mes discussions, il est apparu comme évident que c’était sur la télévision que j’allais écrire. J’ai beaucoup de choses à dire à ce sujet, avec lequel je cohabite depuis le début de mes études, et dont j’ai fait mon objet de recherche depuis 15 ans. J’ai hésité quelques temps entre la forme café-théâtre, et la pièce, alors j’ai regardé les comédiens qui allaient faire partie de la compagnie, en les observant comme des futurs personnages, et ils m’ont beaucoup inspiré, j’ai pu les imaginer en train d’investir de vrais rôles. Et j’ai commencé à écrire, en toute simplicité. Très vite, la pièce a pris la forme d’une comédie sur la télévision, sorte d’adaptation libre de mon dernier livre, « Télévision, presse people : les marchands de bonheur ». Une fois que j’avais situé les personnages, il suffisait de leur donner la main (ou plutôt les deux), pour qu’ils évoluent dans mon texte, qu’ils s’imposent. La pièce devenait pour moi comme une évidence.

Au début du mois de décembre 2010, j’ai réuni les comédiens autour de pizzas. Certains se connaissaient déjà, où avaient entendu parler les uns des autres par mon entremise, mais pas tous. A la manière des alcooliques anonymes chacun s’est présenté, a expliqué ce qu’il était venu faire dans cette « aventure » (comme on dit à la télé), et a parlé de son rapport au théâtre ou à la scène. A ce moment, je n’avais écrit qu’un tiers de la pièce, et si j’avais déjà mes personnages, cette réunion a été une belle occasion de les voir parler entre eux, de pouvoir les imaginer dans la pièce. J’ai ressenti également une belle complémentarité entre chacun, et la possibilité de fonder un groupe qui au départ se rassemblait autour d’une envie de se faire plaisir autour théâtre, chacun me faisant confiance. De quoi réussir quelque chose.

J’ai fait le choix d’écrire une pièce sur la télévision, cette télévision d’aujourd’hui dont de nombreux programmes prétendent changer la vie de leur public. En ayant fait le constat dans mon livre et dans d’autres recherches ou sur mon blog que les programmes qui généraient le plus d’audience étaient ceux qui prétendent faire le bonheur (avec la télé-réalité ou le télé-coaching), j’ai imaginé une chaîne de télévision qui serait entièrement consacrée au bonheur, qui aurait pour objectif de changer la vie de son public. Le récit serait l’histoire des derniers jours avant le lancement de cette chaîne, ce qui me permettrait de raconter de façon sarcastique les rouages de la télévision. Certains personnages allaient provenir du milieu de la télévision, et d’autres allaient découvrir le système, peut-être en devenir les victimes, le tout avec humour. J’ai inventé des concepts d’émissions qui me semblaient plausibles dans le paysage audiovisuel aujourd’hui, mais en faisant le choix de ne jamais imiter des programmes existants, car la plupart sont déjà des parodies, ils sont donc « imparodiables ». Il ne s’agirait que du « off », que de ce qu’on ne voit pas à la télévision, bref, la cuisine interne, depuis l’invention des concepts en passant par les répétitions d’émissions qui n’auraient rien à envier aux pires programmes de télé-réalité.

La pièce a donc continué de s’écrire, s’articuler. J’ai la chance de ne pas avoir l’angoisse de la page blanche, et d’être toujours boostée par l’idée de l’écriture, encore plus lorsqu’elle est fictionnelle. Comme cela m’était déjà arrivé, mais il y a longtemps, « Bienvenue sur Happy TV » est une pièce qui s’est écrite avec bonheur et exaltation. Cela n’empêchait pas les moments de doute, mais le bonheur de l’écriture est au-dessus. Il s’agissait d’un travail solitaire, alors j’avais à la fois hâte de la livrer aux comédiens, mais j’avais peur aussi que « Bienvenue sur Happy TV » ne leur plaise pas. Mais j’allais bientôt être fixée, le jour de la livraison de ma pièce étant prévu pour début janvier…

Part 3

Plusieurs mois de répétitions

Nous nous sommes donc retrouvés pour la première fois au théâtre du Bourg Neuf un lundi soir du début du mois de janvier 2011. Je venais d’achever l’écriture de « Bienvenue sur Happy TV », et j’ai donné un exemplaire de la pièce à chaque comédien. J’étais aussi angoissée que si j’allais passer mon bac. Ils ont découvert leur personnage au cours d’une première lecture, et… cela s’est très bien passé.

Nous avons beaucoup rit (même moi), et j’étais très heureuse de voir mon texte prendre vie dans la bouche des personnages. Nous étions partis pour plus de 4 mois de répétitions.

Chaque lundi soir, nous commencions les répétitions par une séance de respiration, puis de diction, et ensuite d’interprétation d’une fable ou d’un texte libre. Il ne faut jamais sous-estimer le travail technique, et j’ai vu les comédiens évoluer, douter, se faire plaisir, tenter des choses, c’était chaque fois très intéressant, et ces exercices me permettaient aussi de voir comment j’allais pouvoir faire évoluer la mise en scène, à partir des progrès de chacun. Chaque répétition suivait un planning précis et toujours différent d’une semaine à l’autre, afin que nous puissions travailler des scènes en particulier, jusqu’au jour où nous avons pu jouer la pièce en entier.

Un esprit de groupe

J’ai senti, au fur et à mesure des semaines, que la compagnie formait un vrai groupe, soudé et solidaire. C’était l’une de mes principales préoccupations, car je pense qu’une bonne compagnie théâtrale doit être en premier lieu une vraie bande qui, au-delà de la grosse somme de travail à effectuer, doit avoir du plaisir à se retrouver. J’ai retrouvé également les sensations de la mise en scène, et donc mes réflexes, mais aussi la maturité que j’ai acquise depuis la dernière fois que j’ai créé une pièce. Prévoir des points de mise en scène, les voir prendre vie, laisser des choses pour y revenir plus tard, ne pas vouloir tout faire tout de suite… La mise en scène est un travail à la fois satisfaisant et qui nécessite une réflexion sur la durée, et donc une vraie confiance de chacun. C’est l’acceptation de laisser du temps au temps, une réflexion au jour le jour qui puisse faire évoluer les choses en tenant toujours compte de la dimension humaine.

Dans le même temps, nous avons mené une réflexion sur le visuel, aidés par mon amie Carine, qui a bien voulu s’occuper du visuel de l’affiche et des flyers, et qui m’a vite fait différentes propositions très originales. Nous avons tout de suite adoré les pigeons sur les toits, et au fur et à mesure de nos suggestions, Carine a trouvé ce visuel, qui ressemble à la pièce sans la dévoiler.

Trouver des partenaires

Il fallait également trouver des partenaires, susceptibles de contribuer à la réussite de la pièce. L’essentiel en premier lieu était de meubler la scène. « Bienvenue sur Happy TV » se déroule dans les bureaux de la chaîne. J’ai demandé au magasin Fly d’Avignon s’ils étaient d’accord pour meubler entièrement Happy TV, et ils ont très vite accepté, me réservant même un accueil formidable, et nous laissant choisir les meubles que nous voulions. Une vraie chance ! Dans cette dynamique, nous avons eu le soutien d’un fleuriste, Frédéric Jouve, qui s’occupera des fleurs et des plantes sur la scène, d’un coiffeur, Stéphane du salon Addictif’, qui viendra nous rendre plus beaux lorsque nous allons jouer, et même les vins de la vallée du Rhône, qui permettra à notre public de boire un verre avec nous après la pièce ! Nous avons obtenu un partenariat avec France Bleu Vaucluse, et, cerise sur le gâteau, l’artiste Catherine Duchêne a accepté de faire une toile, spécialement pour Happy TV. Cette toile sera sur la scène, et elle sera dévoilée le soir de la première. Cette confiance de la part des différents partenaires nous a boosté, ils y croient avec nous, et nous aident à avancer.

Un week-end de boulot

A la mi-avril, nous sommes tous partis dans une auberge de jeunesse à Manosque, pour un week-end sous forme de séminaire de travail. Nous avons travaillé, de 14 heures le samedi à 16 h le dimanche. Respiration, diction, concentration, lectures, jeux de théâtre, acte 1, acte 2… Entre les séances, nous avons fait de bonnes bouffes et goûté le limoncello de Françoise. De vraies parties de rigolade, et du vrai boulot.

Lorsque nous avons joué l’acte 1 le dimanche après-midi, j’ai vécu une sensation extraordinaire : la pièce ressemblait à ce que j’avais vraiment imaginé, et les comédiens allaient même au-delà : ils maîtrisaient les scènes ils se dépassaient et étaient devenus comme les auteurs de la pièce. La fatigue du week-end était partie, remplacée par la satisfaction du travail accompli.

Rien n’était gagné, mais j’avais confiance. Cependant la date approchait, et il y avait encore beaucoup de choses à travailler…

Part 4

Veux-tu être mon ami ?

Nous étions donc à six semaines des représentations. Il fallait que nous nous attaquions à la communication. Au-delà de la communication « traditionnelle », nous avons créé plusieurs profils Facebook correspondant à nos personnages. Les profils sont animés par les comédiens eux-mêmes, ce qui a permis à chacun de creuser encore nos personnalités, et d’interagir ensemble.

Nous avons trouvé plusieurs intérêts à cette communication. Tout d’abord, nous avons créé de l’interrogation auprès de la communauté Facebook, et il était assez amusant de voir les messages d’inquiétude que nous pouvions recevoir. J’ai particulièrement apprécié ceux de certains de mes étudiants qui me demandaient d’abord de préciser qui était vraiment Sophia Loizeau avant de l’accepter en « amie », bonne application de mes cours ! Certains ont tout de suite compris, d’autres pas encore, attendant de voir peut-être ce que ces nouveaux personnages allaient bien pouvoir raconter sur Facebook. Cela permet aux internautes de commencer à découvrir certains aspects des personnages, sans pour autant connaître la pièce, car nous nous situons dans un temps précédant le lancement de Happy TV (puisque la pièce raconte les 2 jours avant le lancement de la chaîne).

Vous pouvez retrouver les personnages ici :

– Sophia Loizeau, la productrice : http://www.facebook.com/profile.php?id=100002255723448

– Julie Dupy, l’attachée de presse : http://www.facebook.com/profile.php?id=100002248404200

– Dorothée, l’assistante : http://www.facebook.com/profile.php?id=100002239343982

– Lara Mathieu, l’animatrice : http://www.facebook.com/profile.php?id=100002278883912

N’hésitez pas à les demander en « amis », et à interagir avec eux.

Pendant ce temps là, nous avons bien entendu continué les répétitions, travaillé et travaillé encore, en réalisant que la date approchait à grand pas.

Part 5

Le Bonheur de la télévision du bonheur

Et nous avons donc joué, à la fin du mois de mai, « Bienvenue sur Happy TV, la télévision du bonheur ». Le théâtre du Bourg Neuf était plein, pour les trois représentations. Quel bonheur de retrouver la scène qui m’avait tant manqué : de jouer, certes, mais aussi d’entendre le public rire, réagir, applaudir. Ces moments restent gravés dans nos têtes, comme des instants uniques.

Enfin uniques… Pas tant que cela car nous avons remis ça pendant le festival d’Avignon (oui !!) en saisissant l’opportunité que nous a offert l’Université d’Avignon de jouer dans ses locaux. Nous avons joué deux fois « Bienvenue sur Happy TV », devant un public nombreux. Quelle expérience ! Participer à la parade du off (récit ici), distribuer des tracs, faire des cauchemars, mais finalement connaître le bonheur de jouer pendant le festival. Ce fût une grande joie, une belle expérience que nous espérons renouveler.

Nous allons rejouer bienvenue sur Happy TV en novembre 2011, au théâtre du Bourg Neuf, comme c’est expliqué sur ce tout nouveau blog, et je suis également en train d’écrire notre prochaine pièce, qui s’intitulera « La célébrité mise en pièces ». Elle sera jouée en mai 2012, revenez nous voir sur le blog, on vous racontera !

Virginie Spies.